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Les autres oeuvres d'Anthony Freestone exposées au Centre d'arts plastiques de Saint-Fons se présentent comme des constructions intellectuelles, des jeux de l'esprit, mettant en mouvement des associations d'images et d'idées. Ces oeuvres s'appuient sur un vrai travail de peintre. Sans doute est-ce là leur originalité. Elles se présentent sous forme de polyptyques, fonctionnant comme des rébus, et rapprochant le visage d'un savant, une illustration d'Alice au Pays des Merveilles, une carte géographique, un texte... Tout document existant dans la réalité, copié avec application par l'artiste à l'acrylique sur des panneaux de bois. Mais quels rapports y a-t-il entre Freud, l'érection de la Tour de Babel, une sculpture de Warhol, un texte de Michel Leiris? Ou encore entre les Charcot père et fils, une sculpture de Marcel Duchamp, le tartan du clan Scott, une cartographie du pôle sud, la définition extraite d'un dictionnaire français-anglais du mot "pourquoi" et de ses usages...? En apparence, aucun. Et pourtant... A les regarder de près, on retrouve, récurrent, le thème de l'enquête, à travers les figures de l'explorateur, de archéologue, du psychanalyste, de l'historien. Les rapprochements effectués par Freestone ne sont pas aussi aléatoires ou gratuits qu'ils en ont l'air. Ils relèvent d'une certaine logique. Selon les cas, les panneaux peuvent prendre valeur de métaphore, de métonymie, de synecdote, de périphrase. Ce sont les figures d'un discours qui renvoie toujours peu ou prou à la biographie de l'artiste. On n'est pas dans un art narratif. On est dans de l'analogique, du discursif. Mettre en lumière le dénominateur commun d'éléments hétérogènes, le lien qui les unit loin de toute apparence, et qui ne semble exister que dans un rapprochement né du hasard... Quand un tel hasard se répète, n'est-ce pas, finalement, pour s'annuler et mettre au jour un ordre secret du monde ? Nelly Gabriel, Lyon Figaro, octobre 1999
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